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Quand on n’a pas le reflex, balsa ou sagex?

von François Ballis
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Et si je retournais à l’âge de 12–15 ans pour redécouvrir l’aéromodélisme seul ... quelle serait, avec la technologie actuelle et peu de moyens, la meilleure option? Un avion prêt à voler est-ce bien la meilleure option?


Le choix du modèle

Beaucoup de modélistes ont commencé par un planeur de vol libre: cette démarche didactique a pour avantage, en plus de son faible coût, de préparer un jeune pilote aux challenges de construction, du réglage et de la réparation qui l’accompagneront tout au long de sa carrière. Quant aux critères de stabilité de vol, quoi de mieux qu’un planeur de vol libre? On se rappelle tous du Kleine Uhu de Graupner. Je me suis donc procuré le kit au prix avantageux de 36 francs. Mais voilà, nous sommes à l’ère de la radiocommande.


Transformation

Afin de pouvoir transformer notre planeur de vol libre en planeur RC, nous avons besoin de ctp aviation (env. 6 francs), 4 servos à 4 francs et un lipo 2S/250 mAh à 4 francs. Nous entoilerons au thermo rétractable et utiliserons un émetteur et un récepteur d’occasion à 2,4 GHz acheté 40 francs sur un site aux enchères suisse bien connu ainsi qu’un chargeur pour un prix similaire.
En résumé, 140 francs et entre 5 et 10 heures de construction ont été investies sur un aéronef qui pourrait permettre au néophyte de s’essayer à quelques sauts de puces.


Le(s) vol(s):

Les essais en vol sont effectués sur le terrain du GAM Genève. Les premiers lancers ont confirmé le choix judicieux du modèle. La stabilité de vol est remarquable, à condition de respecter les données d’équilibrage. La vitesse de vol est lente et le décrochage s’avère impossible. Les gouvernes sont douces au pilotage (je recommande d’augmenter la surface du volet de dérive de 1/3 au minimum) mais avec l’inertie d’un vrai poids lourd. Je conclurais donc que le Uhu est parfaitement adapté pour s’essayer au pilotage RC.
Mais comment augmenter la durée de vol. Catapultage ou motorisation électrique?
Un sandow constitué de 15 mètres de corde élastique acheté en grande surface de bricolage (2.–/mètre soit CHF 30.–), de 30 mètres de corde à linge, d’un anneau et d’une sardine revient à une quarantaine de francs et nous permet de propulser les 190 grammes du Uhu à environ 30 mètres d’altitude et de le faire planer durant une vingtaine de secondes (lignes droites et virages). La solution électrique demande l’investissement d’un moteur brushless conçu pour les avions indoor (1500 rpm/V) (CHF 10.– à 15.–), d’un variateur de six ampères (CHF 10.– à 15.–), d’une



hélice GWS 8*4,3 (CHF 4.–) et quelques modifications mineures sur la cellule. Dans cette configuration, le Uhu se montre être un très gentil motoplaneur. La puissance est largement suffisante pour emmener les 235 g de notre planeur nucléaire quasiment à la verticale et le temps de fonctionnement du moteur est de deux à trois minutes.


Conclusion

Une façon peu onéreuse de goûter à ce hobby reste encore les clubs qui proposent des initiations gratuites ou payantes. Pour un néophyte, mieux vaut investir dans un avion prêt à voler sagex équipé de gyroscope, chargeur, émetteur et batterie que de se lancer dans une construction d'un planeur vol libre customisé. A dix ou vingt francs près, on achète des combos RTF en sagex moins fragiles et facilement réparables.
Mais en émettant l'hypothèse que le papa est modéliste et souhaiterait initier ses enfants à ce hobby, la solution du planeur vol libre est la meilleure. Ainsi, la télécommande et le chargeur ne sont plus à investir. Il reste toujours quelques déchets de balsa/ctp et des chutes d'entoilage à l'atelier. Pour une approche pédagogique, cette solution reste la meilleure.
Très bonne lecture et salutations modélistiques.


François Ballis, GAM Genève



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